Rafael n’est plus seul dans la quête de ses origines ; bienvenue à sa petite sœur Emily !

Toute naissance est porteuse d’accomplissements dans le futur, nous lui souhaitons le meilleur. Pour fêter son arrivée dans notre famille, je vais évoquer le destin extraordinaire d’une autre petite fille en commençant à la manière de ma filleule Isabelle qui est une conteuse chevronnée.

Il était une fois … une jeune noble, fille d’un cacique (chef) nahua née vers 1500 au sud du Mexique dans l’arrière-pays de l’Etat actuel de Vera Cruz. Elle s’ appelle Malinalli, puis Malintzin qui signifie herbe en nahuatl. On remarque très vite qu’elle parle avec vivacité. Mais le conte de fée s’arrête là : son père meurt alors qu’elle est très jeune et sa mère s’étant remariée avec un autre chef et lui ayant donné un fils, elle devient gênante. Elle est vendue à des marchands d’esclaves qui la revendent à un cacique maya de la région du Tabasco, sur la côte du golfe du Mexique à l’embouchure du rio Grijalva.

C’est là qu’en 1519, Hernan Cortés, un lointain cousin d’Axel et Raul PINTO, qui deviendra le Conquistador du Mexique, débarque avec une armada de onze navires en provenance de Cuba. En chemin, il a récupéré sur l’ile de Cozumel un diacre naufragé qui a été captif des Mayas pendant 8 ans et a appris la langue maya.

A peine arrivés, les Espagnols impressionnent par leur armement surtout lorsqu’ils montent sur d’étranges animaux à 4 pattes, des chevaux ! Ils se comportent comme des aventuriers cruels et sans scrupules. Ils cherchent de l’or : pas un peu, beaucoup d’or ! Leur avidité exaspère le cacique maya local qui déclenche l’attaque. Vaincus les mayas offrent en tribut un lot de vingt jeunes filles dont Malintzin qui, immédiatement baptisée, devient Marina. Repérée pour ses compétences linguistiques – elle traduit du maya au nahuatl, la langue de l’empire aztèque – elle devient au côté du diacre l’interprète de Cortés.

L’expédition s’enfonce dans le centre du pays vers la capitale Tenochtitlan (Mexico) dont les richesses présumées fascinent les Espagnols. Marina se révèle être une conseillère et collaboratrice efficace et influente ; elle persuade les chefs rencontrés qu’une alliance avec Cortés peut les libérer du joug des Aztèques, elle reprend la légende d’une prédestination divine de la fin de l’Empire, elle est auprès de Cortés pour dialoguer avec les émissaires de l’Empereur aztèque. Son rôle est déterminant quand elle prévient Cortés des complots et conspirations ourdis contre lui ; ce qui  permet au conquistador, après bien des péripéties et revirements, de vaincre les Aztèques et de prendre le contrôle de Tenochtitlan en 1521. Cortés écrira « Après Dieu, nous devons la conquête de la Nouvelle Espagne à Doña Marina« 

Séduit par son charme et son caractère, Cortés l’a prise pour maîtresse et elle lui donne un garçon, Martin.

Mais la vie personnelle de Cortès est tumultueuse : il a une liaison et un enfant avec la fille de l’empereur, puis sa femme officielle arrive de Cuba pour le rejoindre. Sa femme meurt très vite dans des circonstances non élucidées. Avant de se remarier avec une noble espagnole, et afin de donner un statut social à celle qui est devenue Doña Marina, il organise son mariage avec son compagnon et ami, Don Juan Jaramillo, un chevalier venu de Badajoz, en Estrémadure.

De cette deuxième union nait en 1526 une petite Maria, ancêtre directe – ainsi que ses parents, évidemment – de Raul et Axel PINTO.

Doña Marina participe à l’expédition de Cortès au Honduras puis disparait vers 1528 probablement emportée par la variole qui fait des ravages.

Entrée dans l’histoire sous le nom de Malinche (déformation de Malintzin par les Espagnols), Marina représente un mythe toujours présent mêlé de légende qui a inspiré les artistes et écrivains mexicains et suscite des opinions contradictoires.

Beaucoup voient en elle la traîtresse vis-à-vis des populations indigènes, celle qui a facilité la Conquête espagnole, ce réel choc des civilisations. En raison des différents fléaux apportés par les Conquérants – l’esclavage brutal dans les mines, le travail forcé dans les encomiendas, la destruction de la culture et de la religion indigène et surtout les maladies – la population du Mexique a chuté de 25 millions en 1520 à environ 1,5 million en 1600 soit une baisse d’environ 95% en trois quarts de siècle !

 D’autres considèrent qu’elle a pu tirer part de sa position pour adoucir le comportement de Cortès et épargner des vies en favorisant la négociation.

Tous s’accordent pour reconnaître en elle la figure fondatrice de la population mexicaine. Ses deux enfants : surtout Martin issu de son union avec Cortès mais aussi sa fille Maria  issue de son mariage avec Jaramillo sont le symbole du métissage entre espagnols et indiens.

Nous pouvons retenir aussi de son histoire que les compétences linguistiques élargissent les perspectives et peuvent changer une destinée.

La généalogie nous révèle enfin qu’elle est une ancêtre de Rafael et Emily ; l’histoire de la famille PINTO s’inscrit ainsi dans la grande histoire du Mexique.

Accéder aux fiches dans l’arbre familial des personnages cités :

Marina « La Malinche », Juan Jaramillo, Hernan Cortès, Martin Cortès, Maria de Jaramillo

Accéder aux données et arbres généalogiques

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